La spiritualité de KAMTCHUENG ISIDORE
La spiritualité de
KAMTCHUENG Isidore
(q۷èmčw/èŋ \iz\id/òr)
catéchiste, le père de feu l'abbé Toussi Joseph (ŧ۸û's۷i J\oz/èf).
Kamtchueng Isidore (q۷èmčw/èŋ \iz\id/òr) a déclaré de son vivant :
« Je n'ai pas écrit, mais chacun des noms de mes enfants est un livre ».
Conscient aujourd'hui que si on tient compte de l’Évangile de Jésus Christ, alors, tous nos noms sont vraiment parole d’Évangile, j'essaye aujourd'hui d'écrire, après avoir approfondi mes propres considérations et convictions de foi, d'écrire ce que j'ai appris de la spiritualité de mon père à travers les noms qu'il a donné à ses enfants.
Je suis l'avant dernier de ses fils né quand il avait 46 ans, et voici ce que j'ai cru comprendre de la culture spirituelle de mon père. Mon père à mon baptême, a choisi pour moi le Catéchiste MOTSEBO Fidèle (M\ēc\eb\ŏ F\id/èl), le Père de l'Abbé TADJOUWA Jacques (q/èmsi T۸aĵ/ûwa' J/âk), comme parrain. Il était pour mon père un frère en Christ, en plus d'être un collège catéchiste.
L'homme Kamtchueng Isidore, a reçu sa naissance spirituelle dans le baptême dans l’Église catholique romaine. Il est originaire de ĵ۸ēgw۷ē dans le village y/ogèm. Il a rencontré Dieu, a fait son choix définitif en se prononçant pour lui par sa confiance inébranlable à ses divines providence et miséricorde, en confessant sa foi publiquement par le CREDO catholique. Il s'engageait ainsi à annoncer à son tour la Bonne Nouvelle qui l'avait libéré, aux autres en devenant catéchiste, afin que nul n'ignore comment le Seigneur est bon! C'est pourquoi, il a dit littéralement, « moi, je crois à cause de ce que les apôtres et témoins m'ont transmis par le magistère, la Bible, la tradition de l’Église et parce que ma foi m'a sauvé. Alors je chante et chanterai le nom du Seigneur en proclamant à tous ceux que je rencontre ceci : « q\aw/aks/i, s۷ip۸è Jean Baptiste, s۷iy۸èmj/i\e Jeanne, ŧ۸û's۷i Joseph, p\èl/û's/i Marie, s۷it\ŏŋ Emmanuel, p\û's/i, g\ûŏŋp\òt/a Michel, s۷il/o Gabriel, d\a's/i Julienne, s۷ip/ig/ŏ' Joachim, k\òs/i Thérèse »
Il concluait en disant « telle est ma nouvelle foi, telle est ma nouvelle loi, telle est ma nouvelle tradition, telle est ma nouvelle coutume, telle est ma nouvelle culture : k\òs/i ».
De même que Jésus-Christ a appelé Simon et lui a donné le nom de Pierre pour lui donner la mission d'être le soutien des Apôtres avant de les envoyer en mission, PAPA avait préparé une armée de soldats du Christ pour aller être la bonne graine dans le pays, en annonçant par leurs actes et en vérité QUE LA PEUR A CHANGE DE CAMP (s۷ip/ig/ŏ') au matin de Pâques avec le tombeau vide. Que Dieu qui est saint ( s۷il/o) a mis et met toujours un terme à la souffrance de l'homme qui le craint, c'est -à-dire qui le respecte en l'aimant et qui met TOUTE sa confiance en lui comme le CHRIST qui est pour nous, le nouvel ADAM selon le cœur de Dieu: l'homme parfait. Que nous attendons seulement le jour où cet heureux événement se célébrera à sa juste valeur.
Papa a cru que puisque Dieu bénit toujours les enfants du juste, cette armée des enfants « q/èmčw/èŋ », tels des Anges, seront conduits par l'Arc Ange Michel, qui allait combattre comme Chef de l'Armée habitée par le Saint Esprit pour défendre leur foi, avec la force de Dieu (Gabriel) et que ses enfants allaient participer à l'accélération de l'avènement du règne de Dieu en devenant tous, sans exception, des instruments de conversion pour tous ceux qu'ils rencontreront, en annonçant la venue du règne de la Justice et de la Paix ( k\òs/i comme nid de Dieu), si on vit selon la coutume de Dieu et de la parole de Dieu ( k\òs/i comme guide, tradition, coutume, loi de Dieu, Culture de Dieu).
C'est pourquoi tous ses fils ont été envoyés au séminaire ou au couvent dans la mesure du possible.
Notons aussi que si papa a acquis plusieurs domaines fonciers dans sa vie et y a, à chaque foi, construit une
case, ce n'était pas pour préparer la réussite sociale et matérielle de sa progéniture, mais il a agit en homme qui a confiance en Dieu et croit donc à sa parole et espère tous les biens qu'il promet et qui veut partager sa joie d'avoir trouvé le bonheur.
Il défrichait donc le terrain pour la Bonne Semence, la Vrai Semence qui, en présence de Bonne Terre, pousse toujours et donne toujours les fruits que les fleurs promettent, malgré la petitesse du grain mis en terre. Il s'agit de la bonne Nouvelle de l'Alliance désormais renouvelée, depuis que le verbe s'est fait chair et a demeuré parmi nous. Dieu en action :Père, fils, et Saint-Esprit ( g\ûŏŋp\òt/a) était entrain de lui donner une armée de saints commandés par l'arc ange Michel avec la force de Dieu (Gabriel), pour semer sur cette terre défrichées et cultivée contre vents et marrées, par mauvais comme par beau temps, dans la souffrance, la douleur comme dans la joie, tout en combattant avec triomphe l'ennemi de l'homme: LE MALIN, LE JALOUX, L'EGOÏSTE, LE DIVISEUR... le BRUIT INSENSE ; il porte bien d'autre noms (comme LE PERE DU MENSONGE par exemple), mais, tous montrant ce qu'il est essentiellement, LA HAINE, l'ennemi juré de l’Amour, l’Unique ennemi de « YHVH » le DIEU vivant.
De son regard avec l’œil du Cœur (c'est-à-dire la confiance au vrai Dieu), il voyait ainsi un « y/òg/èm » avant goût de la terre que Dieu a promise à toute chair, terre de Justice et de Paix : la Jérusalem Nouvelle, celle qui descendra du Ciel toute parée comme une fiancée pour son époux.
Papa a donc écrit toute sa joie d'avoir été sauvé, et il l'a témoigné par sa vie et son enseignement.
Je me souviens que tout petit on nous appelait en route « les enfants du fou » et on le raillait en l'appelant «le fou ». En ce temps là, je le vivait avec une grande honte et je me demandais pourquoi Dieu n'a pas fait que j'aie un père « normal! ». Aujourd'hui j'ai expérimenté que celui qui tisse la toile pour piéger comme l’araignée est un « sage » aux yeux des hommes alors que celui qui tisse la toile pour habiller celui qui est nu est un « sot » et un « fou » aux yeux des hommes.
Cependant, Dieu ne considère que la distance qui sépare tout homme de lui. Donc la seconde catégorie d'hommes est bien « sage » aux yeux de Dieu et ils sont bienheureux, car en marche vers le bonheur qu'il promet, c'est-à-dire l'avènement de Jésus-Christ notre sauveur, dont ils hâtent la venue.
J'ai appris son amour de la vérité par le biais de mon parrain, le catéchiste MOTSEBO Fidèle (M\ēc\eb\ŏ F\id/èl), qui m'a dit un jour ceci lors d'une de mes visites en 1992 : « p/è ŧ/om nw\e n/en/ē t\è ₣/ĕ n/è p/'a t۸ò ۸è ! » que l'on peut traduire ainsi « … comme ton père, ne laisse jamais ce qui est vrai pour aucune autre considération, pour aucun autre calcul, pour aucun autre intérêt. Accroches-toi à la vérité même au prix de ta vie, comme ton père. Il a continué en disant : … les paroles que je t'ai dites aujourd'hui sont peut-être les dernières que tu entends de moi, c'est avec elles que tu viendras pour mon enterrement, vis avec elles et qu'elles soient ton soutien durant tes jours ... ».
L'abbé Boniface Bouopda a dit de lui qu'il est le plus grand théologien et philosophe Bayangam à sa connaissance, et le seul africain a avoir essayé de traduire le concept de TRINITE en Lâli ( g\ûŏŋp\òt/a). T/â b۸ĕ' t۸akŏ' dit de lui qu'il était un homme bon.
Nous tous nous avons constaté qu'il était fort de l'Esprit Saint, que sa réputation le précédait, et que de lui on entendait parler dans des contrées lointaines.
Pour mieux comprendre ce que disent ses livres au sujets de nos traditions lâli, j'ai dû lire (et je suggère à tout croyant lâli d'en faire autant) les trois lectures bibliques suivantes en les méditant dans leur cohérence, tout en veillant à en faire une lecture au présent (car la Parole de Dieu est efficace et vivante et elle s'adresse à chaque homme là où il se trouve maintenant). Il s'agit de : Ezequiel chap.18, v.1 à 32, du psaume 50 et de l’Évangile selon Saint Mathieu, chap. 19, v.16 à 30.
Après méditation, on retourne dans la vie de l'homme q/èmčw/èŋ \Iz\id/or, pour mieux comprendre ce qui a marqué aux yeux des gens son caractère pendant son existence terrestre.
Il y a toutefois des préalables à ne pas perdre de vue.
C'est ce que papa nous a enseigné par ses positions dans nos problèmes de famille et qui a été et reste vivement critiqué et remis en cause par ceux qui refusent la nouvelle culture spirituelle qu'il a voulu forger (k\òs/i). En fait il a rencontré Jésus le Christ et a décidé de quitter la recherche de la Grandeur, de la sécurité et du confort, que les hommes poursuivent en vain, pour embrasser résolument le but des gens qui marchent vers la Lumière : le Bonheur que Dieu promet.
Voici donc ces préalables:
- C'est qu'il n'y a pas de Paix sans Justice. Il n’y pas de Justice sans Réconciliation.
- Il n'y a pas de Réconciliation sans un Vrai Repentir pour le mal commis exprès.
- Rien que de reconnaître le mal commis exprès le transforme en péché.
- Le péché est pardonné d'office par Dieu le père de Jésus christ, avant même que l'homme s'en repente
- Il n'y a pas de vrai repentir sans volonté réelle et ferme de se laisser corriger. Il n'y a pas de réconciliation sans le pardon donné par les offensés.
- Tant que l’offenseur ne ressent pas mal pour avoir fait mal, il ne peut avoir une réelle contrition. Il ne peut se repentir, il ne regrette rien du mal commis, donc il ne peut sincèrement désirer de changer de comportement, puisqu'il estime n'avoir pas péché. Alors, bien que le pardon de Dieu est toujours acquis d'avance, la grâce de ne plus recommencer à offenser est absente et il continue à faire mal et divise de plus en plus, rendant littéralement impossible toute réconciliation.
- Le pardon c'est pour ceux qui se reconnaissent pécheurs (comme le deuxième bandit qui était crucifié avec Jésus).
- Ainsi, l’Église est l'assemblée convoquée des pécheurs repentants.
La vie de papa était caractérisée par cette phrase de Descartes qu'il n'a sûrement jamais lu :
« la peur est un trouble et un étonnement de l'âme qui lui ôtent
le pouvoir de résister aux maux qu'elle présent proche ».
Peut-être que dans l'obéissance de sa foi, il suivait tout simplement avec confiance les paroles de Jésus-Christ : « ...n'ayez pas peur car j'ai vaincu le monde.. »
Il n'avait rien d'un poltron et il ne supportait pas qu'on lui dise de ne pas avoir peur. Par conséquence, toute sorcellerie (j’entends par là tout système d'exploitation de la peur et de l'ignorance) le laissait indifférent.
Pour nous former à haïr le mensonge, il nous répétais : « p\ē č۸ë f \ĕ /è m\i\e \e, p۸ ē f \ĕ /è n۸è yò » qu'on peut traduire par : « ce n'est pas moi que vous trompez, vous vous trompez vous-mêmes » et des fois il nous traitait de «₣/e mż/e ĵw\eĵw\e » qu'on peut traduire par « sépulcres blanchis »
Pour barrer la voie au soupçon de manque d'amour qu'éprouve tout enfant devant la sévérité du père quand il tient à montrer la gravité du mal par des punitions sans appel, il n'avait de cesse de nous dire : « g۸è qw\oŋ w/ò š/i/e wò » qu'on peut traduire par : « Je vous aimes plus que vous ne vous aimez vous-mêmes ...»
Pour nous éviter l'amour du lucre et des biens de ce monde ainsi que le calcul égoïste, et par dessus tout le fait d'ignorer que le Royaume n'est pas une question de nourriture et de boisson, il nous disait : « m\ē č۸i\e šw\e /ŏ b۷ŏ č\i\e gw\ŏŋ » qu'on peut traduire par « celui qui est au dessus des considérations de nourriture et de boissons a vaincu le monde ».
Pour nous former à fuir la lâcheté, l'indifférence, la paresse et la démission devant les difficultés, et par dessus tout à viser uniquement le monde nouveau (le royaume), la situation de vie d'un chrétien doit être considérée comme un lieu où il est appelé à jouer le rôle que le levain joue dans la pâte de farine. C'est ainsi qu'il nous disait « mieux vaut être éliminé que de démissionner » : « g۷è t/é n۸a n/è p/ok š/i/e p/e t/é /è n/è ». Oui, la réalité de notre vie est notre matière première (la ressource) à transformer en Royaume ; il ne faut donc pas quitter la pâte dans laquelle nous avons été enfouie, mais la faire lever, c'est ainsi que papa a vécu son mariage et sa vie familiale particulièrement difficiles.
Dans la lecture du livre d’Ézéchiel à laquelle je vous ai convié au chapitre 18, Dieu lui-même a dit en clair « la vie de chacun m'appartient, celle des parents comme celle des enfants, et c'est le coupable qui doit mourir » v.3, voir aussi le, verset 19 pour être encore édifié ! « Vous demandez pourquoi le fils ne supporte pas les conséquences des fautes de son père ? Eh bien dans la mesure où il agit conformément au Droit et à la Justice et qu'il obéit à toutes mes règles. Il vivra donc. C'est la personne coupable qui doit mourir. Les enfants n'auront pas à payer pour les fautes de leurs parents, ni les parents pour les fautes de leurs enfants. L'homme de bien sera récompensé d'agir avec justice, et le méchant sera puni pour le mal qu'il a fait. » C'est la parole même de notre Dieu tout puissant !
Si quelqu'un a confiance au Dieu père de Jésus-Christ, alors ces paroles sont le corps même du Christ qui s'est fait chair et a demeuré parmi nous. Celui qui y croit et la met en pratique, verra Dieu et héritera de la vie dans le Royaume de paix et de Justice qui vient et qui ne finira pas. Déjà il accélère la venu de celui que toute chair attend.
En effet, papa n'était au départ qu'un orphelin. Sa mère M/ob/û', venue de Bandjoun ( ĵŏ) pour chercher une âme sœur à Bayangam (y۷ogèm) en a trouvé dans la descendance de T/â t۸am\ē T۸âqèmĵ\û'. Ce mari tant désiré était stérile, et son petit frère a dû prêter ses services à son grand frère pour que M/ôb/û' puisse procréer et elle enfanta de deux enfants dont un est décédé dans la tendre enfance. Puis semble-t-il, l'époux de sa mère a été empoisonné à la chefferie car il était une sorte de «chercheur de bois » pour les soldats du Chef : « š۸ĕku۸e kw\émt۷aŋ ».
Son père géniteur, avait reçu un nom très officiel par lequel on le désignait couramment (à cause du service qu'il a rendu à son frère) : T۸âq۷èmčw/èŋ. Il est mort de maladie de sorte que ma grand mère M/ob/û' est demeurée seule. Papa est donc demeuré orphelin de père. Puis à l'âge scolaire, il a été arraché à l'amour maternel pour un autre système de vie et une vision du monde que ne partageait pas sa mère. Elle s'en est allé par dépit rejoindre sa famille à bandjoun ( ĵŏ) et y a achevé son existence terrestre.
Voilà donc q/èmčw/èŋ demeuré orphelin. Il ne voyait autour de lui que intrigues, calcul égoïste, plaintes et souffrances. Cet homme a fait confiance à Dieu en s'engageant dans un mariage chrétien : C'était une forme nouvelle de mariage puisque de toutes les femmes qu'il pouvait avoir il en a choisi une seule, c'était presque comme choisir de demeurer célibataire pour la culture traditionnelle de l'époque ! Il a placé Dieu avant toutes ses affaires. Dieu lui a donné la récompense espérée dans la mesure où il s'est senti habité par l'Esprit qui vivifie, ce qui lui a donné la force de forger son « moi social » alors qu'il était défavorisé au départ. Consolé par la naissance d'un garçon après avoir perdu deux enfants en couche, il s'est écrié « s۷ip۸è Jean Baptiste », comme pour dire « si Dieu est avec moi, qui sera contre moi? » Il constatait que Dieu était avec lui dans son combat pour la lumière. Faisant son examen de conscience en se demandant ce qu'il a fait pour mériter un tel bonheur, il entend Jean Baptiste qui lui dit, « peu importe tout ce que tu as fait jusqu'aujourd'hui, puisque tu as vu que si tu fais attention à ta conduite, Dieu te montrera qu'il est Sauveur. Engages-toi maintenant, convertis-toi définitivement et crois à la Bonne Nouvelle, car le Royaume est proche. Tu en reçois aujourd'hui un avant goût, continues, car heureux es-tu si tu marches selon les voies de Dieu, lui seul réalise ses promesses (d\a's/i ).
Consolé et confirmé dans sa foi, il a donc chanté tous les noms que nous connaissons, à chaque avènement d'un nouveau né dans sa famille.
Ainsi, par toute sa vie, au lieu de dire « je crois en un seul Dieu Tout Puissant Créateur du Ciel et de la Terre etc... » il disait littéralement : « je crois à Mon Dieu libérateur qui a exaucé mes prières et me donne l'Esprit Saint en permanence. Grâce à ce dernier, je peux distinguer dans les affaires tordues du monde, ce que je peux changer tout en ayant la force de le faire, ce que je ne peux pas changer et la grâce de distinguer entre les deux ».
Il nous indiquait un moyen de reconnaître la présence de l'Esprit-Saint par un exemple en disant : « m۷ē\ē š\i\e mē \o l/i' kw\a p\ĕ\e /é, w/éñ\e d۸òl۷ò p/è b۸û ! » qu'on peut traduire par « … pour reconnaître à quelqu'un une valeur supérieure à la sienne, un homme doit posséder l'Esprit Saint-Esprit... »
Monté sur un safoutier, il fut pris de crampe et est tombé de l'arbre. Il a eu la colonne vertébrale fracturée et il en est mort.
L'Abbé Boniface BOUOPDA m'a relaté que, de passage à Bayangam, il a trouvé le cortège de gens attristés et inquiets qui se demandaient comment acheminer leur catéchiste blessé, jusqu'à l’hôpital de Bandjoun. Alors ouvrant sa voiture, on devait hisser le blessé à bord. Un homme que l'on invitait à prêter sa main pour soulever le blessé s'est mis à regarder l'invitation avec hésitation. Alors, le père lui dit en y۷òg/èm :" ۸ŏ qw\a /â h/a \è? ", qu'on pourrait traduire par: « Crois-tu que c'est pour m'aider que tu vas me hisser dans le véhicule ? ».
Oui en effet, beaucoup d'hommes manquent à l'appel de Dieu dans de tels circonstances, quand le bruit ambiant, le bruit dans l'esprit et le cœur couvre la petite voix intérieure qui leur susurre : « fais ton offrande maintenant, elle sera agréable et agréée par Dieu; que le service du prochain est le meilleur sacrifice aux yeux de Dieu ! »
Aux yeux du monde, il a mal fini, il a échoué sa vie. Mais notre foi nous dit que si le monde a pris Jésus en haine, il en sera toujours de même pour tous ceux qui le suivent fidèlement. Mais ce sont ceux-ci qui hâtent sa venue par leur vie.
Nous voulons nous réunir autour de la tombe de mes parents parce que, comme Dieu ne peut ni tromper, ni se tromper, nous savons qu'ils reçoivent aujourd'hui avec l'Abbé ŧ۸û's۷i Joseph et pour toujours la récompense que Jésus-Christ a promise à tous ceux qui confesseront son nom : Jésus-Christ s'est prononcé pour ces derniers auprès de Dieu quand il nous ont quitté, comme ces derniers aussi se sont prononcé pour lui à toutes les occasions de choix qui se sont présentées à leur liberté au cours de leur vie terrestre. Il les sauve sans aucun mérite de leur part, tout simplement parce qu'ils ont cru à sa miséricorde.
Nous avons la ferme conviction que papa Isidore et l'abbé Joseph prient avec nous en permanence dans la communion des saints, pour que tout homme qui les a connu et qui est encore sur cette terre goûte et voit le bonheur d'être à l'écoute de la parole de Dieu, pour la mettre en pratique et en vivre afin d'être heureux avec Dieu pour toujours à la fin des temps.
Par l'érection de cet épitaphe, nous ambitionnons d'amplifier le message que papa et l'abbé Joseph ont passé leur vie à propager, à savoir que la nouvelle est vraiment bonne : Dieu met fin aujourd'hui, ou mettra fin à toute souffrance (s۷ip/ig/ŏ'). La souffrance ne doit plus effrayer personne. Certes elle peut mener à la mort, mais depuis la résurrection de Jésus-Christ (Le Chemin, la Vérité et la Vie), nous savons que la mort n'a pas le dernier mot, mais l'avant dernier. C'est la résurrection qui a le dernier mot. La vie dans la vérité et l'amour de Dieu est éternelle.
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