L'alphabet camerounais
L'écriture du parlé camerounais
I- Introduction
Nous nous exprimons en français et en anglais.
Nous écrivons notre expression avec l'alphabet français et anglais.
Ce qui montre que nous ne pouvons exprimer que ce qui est exprimable en français ou anglais, nous ne pouvons écrire que ce qui est inscriptible en français ou anglais.
Mais alors ce que nous ne pouvons pas exprimer ou écrire en français ou anglais est étouffé en nous: notre art propre, notre génie, notre manière d'être etc... bref notre manière de cultiver la vie est filtrée par un tamis arbitraire, sans critère objectif.
Écrire sa langue maternelle c'est se doter d'un miroir; c'est se libérer, c'est vivre.
Il convient d'arrêter un alphabet qui permet de coder ce qu'on dit tel quel. Un outil de codage.
Ceci peut se faire en écoutant le parlé, en tenant compte de ce qu'on connait déjà, de ce qui est fait en la matière et des enrichissements éventuels que peuvent apporter les mélanges et les confrontations des cultures humaines de l'heure.
Nous avons procédé ainsi pour arrêter l'alphabet qui suit pour écrire le parlé de chez nous.
Ici, nous ne pensons pas la langue mais nous la codons. Nous ne faisons pas oeuvre de philosophie mais de science. Donc nous écoutons rationnellement et nous codons de manière à ce que le son entendu soit rendu tel quel à la lecture, pour qu'il n'y ait pas de faute d'orthographe.
Ce qui fait que les signes de l'alphabet que nous arrêtons non aucune autre signification que de représenter le son (pour les voyelles) ou les consonnes qui nous servent avec les voyelles à former les mots qui ont une signification dans le parlé des gens.
Donc le choix de ces signes est complètement arbitraire et non objectif! (quel est le code qui l'est?) A un moment ou un autre il faut bien se décider dans jeux de signes qui va servir à écrire les mots et les phrases qui ont un sens dans la langue parlée.
C'est ce que nous avons fait. C'est pourquoi nous parlons de « arrêté » au lieu de définir. On part d'un jeux extensible si jamais on découvre un son qui n'est pas rendu simplement avec ce que nous savons déjà faire avec les signe de nos habitudes.
Notre étude et de longues recherches nous ont obligés à introduire de nouveaux signes alphabétiques.
Grâce à ceux-ci, le parlé est écrit comme il est prononcé. Ce qui permet l'auto correction des fautes d'orthographe par l'auteur pendant la relecture.
Celui qui connaît la langue devient donc lettré après avoir appris l'alphabet, soit quelques dizaines de minutes.
Il code alors de plus en plus rapidement avec la mémorisation des caractères de l'alphabet et l'habitude de la correspondance entre son de la langue et caractères de l'alphabet.
Donc nous ne proposons ici rien de moins que l'arrêt d'un alphabet camerounais utile, pour coder nos manières de cultiver la vie, notre génie, notre docte, afin d'informer et de former en vérité.
C'est seulement ainsi que nous protégerons ce qui nous reste de bien dans nos manières de cultiver positivement la vie, que nous donnerons un espoir à une renaissance pour la vie de chez nous.
En effet la contre culture, la médiocrité ambiante et la culture de l'utilitaire est entrain de pourrir l'homme de chez nous à la source en développant les sciences et les sophismes qui créent, incitent et excitent les désirs, de manière à détacher complètement la valeur des choses de leur prix- Etant donné que le prix d'une chose dépend plus de son désir que de sa valeur. Ainsi on peut donner à des choses viles un prix exorbitant, sans commune mesure avec leurs valeurs ni avec le bon sens.
Nous espérons qu'une fois que chaque camerounais soit devenu lettré en son parlé maternel, (quelques dizaines d'heures suffisent en suivante notre méthode), la linguistique va faire les grammaires formelles et les lexiques de ces langues voire améliorer en corrigeant ou en étendant la méthode et l'alphabet que nous avons arrêté, surtout au niveau des signes choisis qui peuvent ne pas être du goût du plus grand nombre!
Voici donc les nouveaux caractères que nous avons été amenés à introduire.
N.B: nous avons pris un parlé exemple (le parlé bayangam=yogèm) parce que c'est celui que nous utilisons. Mais le même alphabet peut être utilisé par tous les parlé Bantou et semi bantou.
Il suffit pour cela de remplire les colonnes «Exemple de mot ou d'expression avec ce caractère » et « Signification en français » par ce qui convient.
En codant quelques textes on se fera facilement une mémoire et une habitude des signes tout en veillant à rajouter les signes dont la sonorité ne peut être obtenue facilement avec les signes déjà connus, c'est comme ça que l'alphabet s'enrichira!
Nous remercions d'avance tous ceux qui prendrons le temps d'essayer notre méthode dans leur parlé qui nous feraient savoir leur avis, leurs critiques en vue du bien de tous compte tenu des enjeux.
J'ose enfin rêver du jour où les officiers d'état civil auront à leur portée l'alphabet camerounais afin d'écrire correctement nos noms! Quand on lit les nominations à la radio ou à la télé, les parents ne peuvent être sûr qu'il s'agit des leurs, parce que ce qui est écrit et lu diffère par trop de la signification et du parlé naturel des intéressé!
Pendant tout ce travail nous accrochons à une devise: « Faire evec ce qu'on a là où on se trouve, et son avec ce qu'on aurait eu si …. ou si on était ailleurs que là où on est alors... »
Oui, nous sommes convaincus que toute mystique du « si.... » nous retarde sur notre marche vers la lumière et rien n'est rien si on n'en fait rien!
Nous parlons chacun une langue maternelle. Codons là simplement comme ça sonne dans nos oreilles. Une fois son parlé écrit, chacun verra se réaliser comme un miracle: il verra la langue devant elle! Ce sera comme si en l'écrivant nous en avez pris possession. Alors démarrera automatiquement en vous la pensée de votre langue!
Donc nous vous invitons à faire cet effort scientifique de coder comme vous l'entendez votre parlé en utilisant l'alphabet camerounais que nous vous proposons et l'effort philosophique viendra tout seul.
Il est toutefois nécessaire que celui qui connaît déjà les sons que les voyelles codent et les sonorités que les consonnes impliquent, vous assiste pendant une heure à écrire quelques textes en votre parlé, tout en remplissant une table avec 3 colonnes: le signe dans la première, un mot ou une expression avec ce signe dans la deuxième colonne, le sens du mot ou de l'expression dans la troisième.
Puis vous prenez votre copie de ce alphabet commenté pour votre entrainement personnel. Il m'a fallut 2 heures pour écrire sans me tromper tout ce que je voulais en mon parlé. Puis avec l'habitude on écrit de plus en plus vite! Vous serez vous-mêmes surpris de votre progression!
SIPIGO Joachim (Sîpigó' Joachim)
II - Les caractères que nous avons été amenés à introduire
Les caractères que nous avons été amenés à introduire
Ceux dont nous avons modifié le son habituel
c
e
á
j
u
o
a
q
kh
x
tse
h
he
y
iiee
è
é
ë
Les accents retenus
´
Son monatant
`
Son descendant
'
Son coupé
^
Son prolongé dans le même ton
III- Application du système de codage
pour le parlé bayangam
N.B: Le processus est à imiter pour tout autre parlé. Il faut quelqu'un qui s'exprime bien ans ce parlé, quelqu'un qui a déjà pris connaissance des sonorités de tous les signe de l'alphabet camerounais tel que arrêté et pas plus de 5 heures en tout de travail pour devenir lettré dans son parlé!
Vous serez capable de coder un parlé sans le comprendre. De sorte que ce que vous avez transcrit soit lu et compris par toute personne lettré dans le système que nous proposons et comprenant le parlé ainsi codé ou bien tout simplement muni d'un dictionnaire de ce parlé au cas où il ne comprend pas ce parlé. Voilà donc un véritable support mémoire de culture!
Les caractères que nous avons été amenés à introduire
Majuscule
Minuscule
Exemple de mot ou d'expression avec ce caractère
Signification en français
P wè ?
Khekh
B' dziem
a,ê bè kwak nen
Avec qui ?
Attardé mental
Un notable bayangam
oui, c'est vrai !
u
Mdjui
yuex
ywe bè p pie
La chose dont il s'agissait est dans nos mains
Nwe da da
mzi
wa'nye
gè caxe gue
la' pè cea, m lè jie ba
Une affaire droite
signes
livre
e pxe
pehe e po' lè?
cabosse de Kola
Est-ce comme ceci qu'on écrit?
omsi
om xók pè
e
Verbe de Dieu
Notre parlé
Soufrance
ie bóo ló gè xiet!
Cet eau là est vraiment limpide
m ie
L'enfant a fait c...
Les caractères dont nous avons été amenés à modifier l'acception dans l'expression française
c
Cepo
cie mla'e dè tie
Seigneur
passe par le domicile pour prendre la calebasse
x
Xem
wak xe xè !
Safou (prune)
(ne considère pas) néglige ces choses sans valeur!
j
Jiene
jiji
sagesse
ë
nwe së
g' së
Nouvelle
nouvelle année
è
mkèm be
è bè kwekwo djo è thá ta
Deux morceaux
ó
thóm
áa kwak li bê
Les accents
Pour les tons montants
´
Pé qé
Prends et lis
Pour les tons descendants
`
Gèie o
À la périphérie
Quand c'est comme coupé
'
É e ywe bô kwa' Pa' mth è
sîpigó'
Il a fait ça comme un Homme
son prolongé dans le même ton
^
IV- L'alphabet
Cwe ne ve om xok pè k’
Cwe bâ kèlè kh' è péê !
Pè goe yoe mzi lè e om xok pè.
zi bè yue yé pe wa’ dè si m nwe è ; è djóm pe ké gè mzi.
Yoe mzi lè e om xok pè ya
Da mdze : mzi mie è gi do é è
a
pa’ thim gak è
e
pa’ thim pem è
i
pa’ thim gi è
u
pa’ thim mdjui è kè djuidjie làha
o
pa’ thim bok è
pa’ thim p’ è
pa’ thime è
pa’ thim b’ kè mdjó láa
ë
Batze yèpe: xe lè kwie’
gi bp
´
gi fi’fi’
`
gi dja’ya’
’
ne si zi
^
Batze yèta: mzi lè thom dè e (wa’)
b
pa’ mbok dzem è
c
pa’ cepo sii yok è
d
pa’ die è
f
pa’ fo’ kè f è lè
g
pa’ go’ kè gow lè lá a
h
pa’ ho
j
pa’ jiji è
k
pa’ kek è
l
pa’ liem è
m
pa’ mâa è
n
pa’ nom è
pa’ thim da daè
p
pa’ po yue
r
s
pa’ siim è
š
pa’ šye è
t
pa’ tóm è
v
pa’ vok cemie è
pa’ e pxe è
w
pa’ we è
x
pa’ xem è
y
pa’ yi è
z
pa’ mze è
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,18-23.
Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand l'homme entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s'empare de ce qui est semé dans son cœur : cet homme, c'est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c'est l'homme qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n'a pas de racines en lui, il est l'homme d'un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il tombe aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c'est l'homme qui entend la Parole ; mais les soucis du monde et les séductions de la richesse étouffent la Parole, et il ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est l'homme qui entend la Parole et la comprend ; il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »
nwe së, Yeiso kristo pa' doelo Matéo lè om m wa'e we 13 mkèm 18-23 è.
« Nè yo ne pè, p yo' pa' toné m yé ée me ywë èe oxe è.
Nwe kôsi èm ta m bë é tak ce y' tè óm be ywe cwepo go tèm mb mié nè ywe yéé omsi me m tim xi è: m bô we pa' né ba mèe è.
Yé m yé é we pa' ne pxe ywe nè néé mla è, bè m yè yé é go di y' nwe sî bè sèe da' gè la' ca ko im tim xie è. Á a m tèmki.
È bè cwe yé , kè cwe e lè li m bô na nwe sî, nwe wo ie é.
Yé m yé é we pa' ne pxe ywe im è m è bè m yé é ' omsë da' gè në jui nwe xe demca'a p è mli mli kak mié è a m è so' hiape omsi tè è lè yèm.
Yé m yé é we pa' ne pxe ywe nè né è bè m yé omsi èm ta é kwèe tè axe ' è. É èm mom e kè mèm ok, kè mèm á lè, nè yèm' »
La prière que nous avons reçu du Sauveur
Tá yók yé kèb è !
x x pè dólóe !
nef x só'o !
neko ó pè demca' dada pá' kèba è!
Hè bi pie lio', yets yók nè yan lié' !
lo nè mne cepo mók pa' pie do nè mne cepo pieè po è!
Kè tak wók m latse, pa' wók nè ie cepo !
Âmén!
«
le mne cepo mók pa' pie de mne cepo pieè po è »
est vraiment inexact comme traduction de « pardonnez nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé! »
To forgive is not to forget!
Dieu n'est pas amnésique! Il ne saurait l'être en demeurant juste!
On dit bien dans nos cultures: pë èm ve nè ne cepo (cwepo), pë ga' (gwa') ne cepo. Pè pë óm gè « kè sè mne cepo ... » da' gè ne óm gè
le ka cwe pa' pa' Yesó kristó lè om è !
Ne le bè e bè ko lem (hyppocrisie). Je ne crois pas que notre seigneur pouvait nous donner le contre exemple de ce prêche!
Bref « Quand l'homme entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s'empare de ce qui est semé dans son cœur :.... »Matthieu 13,18-23.
Voilà le danger que de telles traductions approximatives nous font courir!
IV- Le lien en entre le parlé yógèm et les autres parlés lâlî.
Nous avons vu qu'en observant rationnellement le parlé (c'est-à-dire en faisant avec science), on peut obtenir le jeu de caractères de base de l'alphabet.
Il s'agit maintenant de trouver le lien entre le parlé yógèm et les autres parlés du lâlî (la langue et la culture souches des populations descendants des hauts plateaux de l'ouest (tout le « grass field ») en incluant les bamoun, peut-être les tikar)- Il faudrait consulter ici les travaux de l'Abbé Boniface Bopda' qui est l'auteur de l'expression « lâlî » et dont je m'inspire.
D'abord, on peut remarquer que dans la vision du monde telle qu'on peut l'observer dans la langue yógèm, l'activité scientifique (l'observation rationnelle se dit «sè« .
Il y a une expression en yógèm qui dit « bétse bétse sè è wè« ; action de ramasser un à un pour tout compter, c-à-d observer pour recenser ou encore l'expérimentation scientifique.
L'activité philosophique (pensée rationnelle) quant à elle et les activités de la mathématique naturelle (philosophie de la logique) ne sont pas séparées comme dans la culture occidentale actuelle. C'est un seule et même activité désignée par « kwèe« . On dit « lé kwè yé è anwe póxe è » : « trouves le lien qui connecte les choses ». ç a aussi un sens fort de clôner, d'établir les morphismes entre systèmes (kwèe è wè).
En exerçant dont les « mkwèe » sur le parlé yógèm ou un autre parlé lâlî, en peut, pour chaque mot, par clonage successif, retrouver les mots mots ayant la même signification dans les autres parlés. Ici je me refère encore aux travax de l'Abé Boniface Bopda' qui démontre comment reconnaître les mot d'un parlé lâlî si on en connait déjà un: preuve que cette ressemblance entre les eus et coutumes de ces peuples n'est par foryite, il y a bien une lange bamiléké, qu'il a désignée « lâlî ».
Les quartes opérations de base qui servent dans les « mkwèe » sont:
« quim » (khim): sorte de soustraction, diminution, amoindrissement...
« qui' » (kwi'): sorte d'addition, augmentation, renchérissement, édification …
« lom »: sorte de multiplication, reproduction; on désigne le magirage par « lóm die » qui est est souhait que la maisonnée se multiplie tout en restant soudée comme le « ap » qui « lom ».
« ap »: sorte de division, mais qui veut d'abord dire partage équitable, attibution à chacun selon …
V- Notre devise
Dans tous ces travaux, nous voulons insister sur le fait que l'homme qui peut tenir debout c'est celui qui « fait avec ce qu'il a », et « que rien n'est rien si on n'en fait rien » c'est -à-dire que l'abondance des ressources ne peut constituer la moindre richesse si on le l'exploite pas! Au contraire ça peut enfermer dans le fameux « ressources trap » dans lequel l'Afrique équatoriale se trouve piégés depuis que les occidentaux ont exploré et y ont découvert toutes sortes de ressources. Rien d'étonnant que nous soyons devenus pays pauvres et très endettés.
Voyez-vous penser que si il nous manque quelque chose c'est qu'on n'a rien et une pensée démoniaque qui tétanise et rend impuissant en nous enfermant dans uns mystique de « si »: si j'avais ce qui me manque … si je n'étais pas là où je suis …, si je n'étais pas celui que je suis, … et on finit par des aberrations comme, si n'avais pas ce que j'ai... si j'étais ailleurs que là où je suis , ….! et toute la philosophie alors ne sert qu'à nourrir le rêve fantasmagorique.
La mystique du « si » est un système démoniaque qui nous enferme dans le peur, la fébrilité, l'inaction la stérilité et la sclérose de la pensée que la sorcellerie (les systèmes d'exploitation de la peur) exploite avec délectation.
Notre pensée profonde est que si chacun écrit son parlé, pour soi-même dans son intimité personnelle, il se dote d'un miroir, et fait ainsi œuvre de libération de ses ennemis intérieurs qui ne sont pas moins dangereux pour sa liberté que ceux de l'extérieur.
me to pe bè sop dm fè dit-on en yógèm. C'est difficile à traduire en français, excusez-moi de n'avoir pas pu le faire!
Par SIPIGO Joachim (Sîpigó' Joachim)
27/07/09 09:39:48
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