Bonne et Sainte Année 2008 à Tous
ACTION DE GRACE POUR L'ANNEE 2007 2S 7,24-39; PS 117; lCo 1,4-9; Le 17, 11-19
Frères et sœurs bien-aimés!
Nous sommes parvenus au terme de l'année 2007, une année qui aura été pour les uns, remplie de bénédiction et pour les autres, remplie de souffrances et de malheurs. Voilà ce qui jaillit spontanément de nos lèvres. Mais quoi qu'il en soit, vivre une fin d'année est toujours source de joie, mobile d'espérance. Pour les plus avertis, ils s'accordent à reconnaître que malgré les peines, les échecs, les maladies, les deuils, la misère et toutes formes de souffrances, une année qui s'achève est toujours une année de grâce accordée par le Seigneur. C'est pour quoi notre joie doit être débordante. Mieux encore, notre joie doit se transformer en action de grâce, en chants de louange et de remerciement à Celui qui nous a conduit tout au long de l'année, à Celui qui a veillé sur nous, accompagnant nos faits et gestes, dirigeant notre pensée et notre conscience, instruisant notre intelligence et notre volonté.
Dire merci à Dieu pour une année qui s'achève est la chose la plus normale et la plus ordinaire qui soit. Qui peut prétendre que ses seules forces l'ont conduit jusqu'à ce jour? Qui peut prétendre qu'il est une seule chose qu'il n'ait reçue? La vie? La Santé? La respiration? Le manger? Le boire? L'intelligence? La sagesse? Les richesses? Tout nous vient de la main de Dieu. C'est de lui dit Saint Paul, que nous tenons « toutes les richesses, [y compris] toutes celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu. » Pourquoi chercher à en tirer orgueil?
Rendre grâce à Dieu, c'est s'attirer de nouvelles bénédictions.
Dire merci à Dieu, c'est l'inviter à multiplier ses grâces, à multiplier ses bienfaits. Jamais ceux qui sont retournés à Dieu pour dire merci sont repartis les mains vides. Non seulement il repend sur eux ses bénédictions à profusion, mais encore, lui qui est toujours fidèle, demeure à jamais auprès des siens. Pour eux, il maintient ses promesses et agit selon sa parole. Le Seigneur nous le montre en bénissant pour
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toujours la maison de David son serviteur. Bien que ce dernier et ses descendants l'aient déshonoré, Dieu n'est pas resté sourd aux prières de son serviteur. Non seulement il bâtit lui-même une maison à David, mais encore, il fait de la maison de David, il fait d'Israël son peuple privilégié, et devient son Dieu, son protecteur, son maître, son guide et son défenseur.
Il est bien juste de dire merci à Dieu. Car il agit pour nous comme envers la maison de David, la maison d'Israël. Il a fait de nous et il fait de nous encore aujourd'hui son peuple privilégié. Il a fait de nous, mieux qu'un peuple, ses enfants dans le Christ Jésus. Lui le Dieu fidèle, il nous « a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur. » C'est dans cette vocation que se trouve la véritable raison de notre joie, le motif fondamental de notre exultation.
En cette fin d'année, notre joie n'est donc pas tirée des satisfactions matérielles, physiques ou relationnelles. Notre joie se fonde dans notre filiation divine, dans cet amour gratuit et généreux de Dieu qui, en Jésus, fait de nous ses fils. Notre joie réside dans le fait que Dieu se fait connaître, et se donne à connaître à l'homme. Célébrer une fin d'année, c'est célébrer cette relation d'intimité et d'amitié avec Dieu. C'est reconnaître que nous avons marché à sa suite et que lui, Dieu, a marché à nos côtés toute au long de l'année. C'est cela et cela seulement qui provoque notre action de Grâce, notre humble remerciement.
Mais alors, nous devons reconnaître aussi qu'en la matière, nous ne sommes pas de grands champions. C'est ce que Jésus nous révèle dans le magnifique texte des dix lépreux purifié.
Comme ces derniers, nous savons crier vers Dieu, et même très fort, pour nos besoins matériels, physiques et spirituels. Comme eux, nous savons respecter les rites, vocaliser et rabâcher des prières, mais dans un seul but : trouver la satisfaction et l'exhaussement de nos prières. Il nous importe que Dieu se fasse notre ami, notre compagnon; il nous importe qu'il se fasse l'un de nous, qu'il devienne notre semblable et qu'il chemine à nos côtés, qu'il patauges lui aussi dans notre misère, dans la faiblesse de notre humanité. Qu'il soit proche où loin, une
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seule chose nous accroche : la satisfaction de nos désirs. Si nous en doutons, regardons un petit instant comment nous faisons nos bilans de fin d'année: dans la famille, trois cas de maladies graves contre cinq l'année précédente; deux décès contre six, quatre diplômes sur six, cent pour cent de passages en la classe supérieure, accroissement du chiffre d'affaire, bonne relation avec ses patrons .... Et l'on dit Seigneur merci pour cette année, fait que la prochaine soit encore meilleure.
A dire vrai, dans un tel bilan qui est bien jute et honorable, quelle place donne-t-on à Dieu. Que représente-t-il, sinon une simple machine à produire des bienfaits. L'expression de notre foi est bien souvent quasi inexistante dans nos bilans. On examine avec délicatesse, ses progressions et ses régressions sur tous les plans, sauf celui de la foi, de sa relation à Dieu. C'est une erreur, peut-être anodine, mais une erreur qui éloigne Dieu progressivement de notre vie et nous prive de ses bénédictions. Il ne suffit pas de dire merci à Dieu pour ses bienfaits, il faut encore et surtout le reconnaître bien plus grand que ses œuvres. Oui, Dieu est plus grand que tout ce qu'il nous donne, plus grand que la vie et la santé qu'il nous accorde. C'est pourquoi la meilleur action de grâce que nous pouvons lui rendre est avant tout une démarche de foi, un acte de confiance en son Nom très Saint. Et cela, bien peu et très peu de personnes le comprennent.
Ils étaient bien dix, neuf autres se sont contentés d'une guérison physique, j'allais dire d'une satisfaction matérielle. Un seul a osé regarder au-delà du matériel et du physique pour voir et découvrir qui était Celui-là qui le comblait ainsi. Voyant qu'il était guéri, il ne se préoccupe pas de courir accomplir les rites qui l' intègreront dans la société, ces rites qui lui redonneront place et dignité au milieu des hommes. Il recherche plutôt ce bien insoupçonné, cet acte de confiance qui l'introduit non pas dans la cité des hommes où les biens passent et disparaissent, mais dans la cité de Dieu, dans le cœur de Dieu où se trouvent les richesses éternelles.
Ce don, frères et sœurs, cet acte qu'il faut rechercher de toutes ses forces, c'est la Foi en Dieu, une foi qui ne procure pas seulement la
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guérison ou la purification physique et rituelle, mais une foi qui procure le salut: « Relève-toi et va: ta foi t'a sauvé. » En cette fin d'année, voilà l'action de grâce que nous devons faire monter vers Dieu : nous réjouir pour tous ce qu'il nous donne, mais encore et surtout, nous jeter devant lui, la face contre terre, pour l'adorer, pour chanter sa grandeur, parce qu'il nous donne bien plus que des biens matériels. Il nous donne son amour, il nous donne son Salut.
Je ne saurai terminer sans dire solennellement merci au Curé pour la belle initiative de l'adoration eucharistique qui suivra cette célébration. L'occasion nous est ainsi donnée, non seulement de recevoir le Christ en ce demier soir de l'an 2007, mais encore de nous jeter à es pieds comme le rescapé des dix lépreux purifiés, pour lui dire merci pour ses bienfaits et infiniment merci pour le salut qu'il nous accorde chaque jour.
Nous aussi nous sommes des rescapés. Je vous le disais la nuit de Noël. Nous qui sommes là, nous sommes bien insignifiant par rapport à la foule immense d'hommes, de femmes et d'enfants qui en cette fin d'année oublieront de dire tout simplement merci à Dieu. Comme ce pauvre étranger de l'Évangile, portons ces frères et sœurs en humanité dans notre prière, pour que nos yeux comme les leurs, s'ouvrent à l'action de grâce qui jaillit de la foi, de la confiance en Dieu.
Prions les uns pour les autres, prions pour notre communauté paroissiale, pour nos familles, nos amis, nos proches. Prions pour les malades, les enfants de la rue, les personnes seules. Prions pour les foyers divisés, pour les frères séparés. Qu'ils découvrent sur les chemins de leur existence les traces de Dieu, et que Notre Seigneur qui nous comble bien au-delà de nos attentes et de nos mérites, nous accompagne tous dans l'année 2008. Dans le Christ Jésus, je souhaite à tous, à chacun et à chacune, paix, joie, santé et piété. Je vous souhaite une sainte et heureuse année 2008.
Bonne année à tous
Loué soit Jésus-Christ!
Diacre Charles Aimé KOUDJOU tél:237-96 11 12 96, 237-96 28 87 68
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