lundi 28 mai 2007

LE SEXE

LE SEXE

Le sexe, entendu comme ensemble des organes qui différentient l’homme de la femme génère des informations qui influencent tout le comportement humain dans toutes ses activités. C’est donc une valeur culturelle.
Les philosophes ont de tout temps, totalement abandonnés ce sujet à la science de la nature, à la subjectivité des éducateurs, des parents et des religieux. Pourtant, parmi les choses qui asservissent l’homme du dedans, le sexe figure à une place de choix. La vie humaine repose sur la vie biologique et, « vit » par la culture. Si la vie biologique cesse, elle cesse avec cette dernière. Or, l’apparition de la vie biologique humaine n’est pas un miracle ; elle est le résultat d’un certain déterminisme scientifiquement prouvé. Elle dépend dont de la rationalité. En effet, une vie biologique humaine apparaît chaque fois que l’ovule d’une femme est fécondée par le spermatozoïde d’un homme. Avec celle-ci, apparaît une vie humaine. Si une telle rencontre n’existe pas, il n’apparaît pas de vie biologique, donc pas de vie humaine nouvelle. L’apparition de la toute première vie biologique de l’homme et de la femme relève du même miracle que nous avons appelé la raison de la raison, ou bien la raison première. Cette raison originelle est ce qui à déclanché le déterminisme de la reproduction sexuée. Il est donc inscrit dans la nature même, que les fonctions sexuelles soient déclanchées indépendamment de notre volonté. C’est pourquoi elles peuvent nous asservir. Il faut donc que le sexe soit analysé par la rigueur philosophique, qui est notre troisième œil (notre œil subjectif) tourné vers la vie humaine présente en nous.
Les peuples ce sont de tout temps transmis les habitudes sexuelles par initiation. Cette fonction a été interrompue en Afrique avec la destruction de nos cultures. Il importe donc que ceux qui ont une expérience viable en la matière la communiquent pour que les gens puissent en faire une synthèse enrichissante pour leur vie intime, et surtout, que ceux pour qui le sexe est un problème s’en inspirent pour vaincre l’esclavage sexuel.
Parce qu’un disfonctionnement sexuel cause des dégâts psychologiques qui déstabilisent l’homme et entravent le processus de civilisation (donc culturel) de l’homme, il est illusoire de penser qu’on peut faire une nation d’hommes libres avec des gens sexuellement frustrés. Aussi, l’éducation sexuelle doit figurer en bonne place dans l’enseignement que notre république compte donner à chaque citoyen pour assurer ses pleins pouvoirs de défense de ses droits et de la bonne jouissance de sa liberté.
Il faut savoir quoi enseigner en cette matière. Je m’en vais donc ici, avec toute la rigueur philosophique dont je suis capable, exposer un essai sur l’éducation sexuelle.
L’enseignement secondaire doit commencer par l’éducation sexuelle. Il ne faudra en aucun cas que dans l’enseignement public les filles soient séparées des garçons comme dans l’enseignement confessionnel. La seule proximité des deux sexes occasionne un échange d’informations très molles et dont très riche pour la vie humaine, qui sont inexprimables en termes rationnels, mais qui s’effectue inconsciemment et sans utilisation du langage.

A quatorze ans, il ne s’agit nullement d’enseigner une description de l’anatomie des organes génitaux de l’homme et de la femme. Cette éducation doit être exclusivement du domaine des informations très molles, du domaine du cœur, et non de la science, en ce sens qu’on devrait abandonner toute description physique (qui relève des domaines scientifiques concernés) et n’exposer que les concepts qui sont directement en relation avec la vie humaine, c'est-à-dire sa sensibilité et tous les sentiments instinctifs d’ordre sexuel qui assaille l’homme dans sa quotidienneté.

Nous avons vu que le déclanchement des fonctions sexuelles ne dépend pas de la volonté de l’homme, mais peut menacer sa vie si elles ne sont pas contrôlées, car tout déterminisme est aveugle par essence (il fonctionne pour lui-même). Nous laisser aller à l’instinct sexuel naturel c’est nous laisser guider par un aveugle. La maîtrise de la vie sexuelle relève donc de la nécessité d’être libre.

Beaucoup de gens ratent leur vie sociale à cause d’un désordre sexuel. Aussi la préparation de l’homme à une condition sociale de citoyen libre et responsable doit inclure sa préparation à un équilibre sexuel.

Au moment où le corps de l’être humain s’apprête à devenir totalement fonctionnel au point de vue sexuel (la puberté), une manifestation jusque là jamais rencontrée se déroule et imprime en l’homme une sorte d’interrogation vague, accompagnée d’un désir qui lui monte à la tête, une sorte d’ardeur à vivre, d’avidité à tout goûter, à tout connaître, une fébrilité devant le monde à découvrir, puis quelque chose comme un éveil d’une nouvelle saison, vaguement sensuelle lui permet de situer le lieu de ses désirs confus.

Là s’arrête l’inévitable, le normal : interrogation et désir. Mais tout désir appelle une satisfaction chez tous les animaux, pour leur équilibre biologique ; de plus, toute interrogation appelle une recherche de la réponse chez l’être humain. Donc désormais, la vie humaine présente en lui demande à être sexuellement cultivée c'est-à-dire à ce que ce désir soit satisfait et que la réponse soit trouvée à cette interrogation vague. Tout devient donc désormais un problème de culture. Nous avons déjà vu que chaque fois que la culture donne satisfaction à la vie humaine, cette dernière en redemande et ainsi de suite, parce qu’elle n’est que ça : conscience de soi, mesure de son degré de contentement, appel à la culture pour être contentée plus, conscience de soi et la boucle recommence. Ainsi, ce désir et cette interrogation ne sont satisfaits que pour permettre à la vie humaine d’en redemander et c’est normal. Une vie qui n’en redemande pas n’est pas une vie vivante c'est-à-dire qu’elle n’est pas entrain d’être cultivée et qu’elle ne peut être que mourante. Donc quand la culture va tenter de résoudre le problème sexuel, elle doit savoir qu’il n’y a pas de sens à chercher à le résoudre pour toute la durée de la vie, mais qu’elle doit trouver une solution qui apaise c'est-à-dire qui atténue l’ardeur du désir sans le refouler d’une part, aussi (et c’est très important) en tenant compte de tous les autres fonctions culturelles qui sont comme nous l’avons vu, d’égale importante pour la vie humaine sont équivalent : désir de chanter, désir de se promener, désir de lire, désir de jouer d’un instrument de musique, désir de faire du sport, désir de faire l’amour etc… Il n’ y a pas d’hygiène sexuelle d’une part, d’hygiène ceci ou cela d’autre part, mais il y a une hygiène mentale unique, qui confère à la vie humaine le pouvoir de doser les désirs suivants la convenance de l’environnement avec pour seul but de contenter la vie humaine, de la protéger et de la favoriser.

Le fait donc que ce processus ne peut pas être réglé, mais seulement contrôlé implique que la puberté n’est que le début d’une manifestation qui accompagnera l’homme désormais dans tout son parcours terrestre et même conditionnera son comportement social.
Il n’existe donc pas de problème sexuel, mais une manifestation sexuelle normale. Il ne faut donc pas que l’éducation la présente sous une forme exceptionnelle, si non son importance deviendra exagérée par rapport à d’autres fonctions culturelles comme l’instruction.

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